Assassin’s Creed Origins, le renouveau d’une série qui s’essoufle ?

Débutée en 2007, la saga Assassin’s Creed représente aujourd’hui une véritable mine d’or pour Ubisoft et ses investisseurs. Comptant pas moins de 18 jeux (!), l’ambition de ses créateurs est évidente : développer un véritable univers, extensible et modulable, qui naviguerait d’époques en époques en faisant inlassablement varier les héros et lieux, par définition inépuisables.

Et la proposition fut, au départ, universellement acclamée. Imaginez : contrôler un assassin dans des périodes historiques d’une fidélité imposante, où le joueur serait lui-même acteur de mystères irrésolus de l’histoire, qui trouveraient en réalité sens dans un conflit entre les templiers et les assassins tout au long de l’évolution du monde. Génial, non ? Et ce le fut. Les premiers épisodes réussissaient alors à transcender cette proposition dans un univers riche, original et savamment mélangé à un gameplay parkour efficace.

Tout ne pouvait qu’aller pour le mieux, non ? Pas vraiment. Parce qu’à trop exploiter la mine de pétrole, elle finit par manquer de jus. Ubisoft enchaîne les épisodes, multiplie les époques, mais oublie de se renouveler. Le système de combats, autrefois ingénieux, devient bancal et trop rigide. Pire ! D’autres s’en inspirent et parviennent à en faire un système plus intéressant et complexe, là où Ubisoft se repose sur ses acquis. Par exemple, et récemment, le controversé Shadow of War, qui puise ses inspirations dans de multiples licences à succès, parvenait à fluidifier le parkour et le système de jeu des Assassin’s Creed bien mieux qu’Ubisoft. Un comble !

Il suffit d’ailleurs de se diriger chez les communautés de joueurs pour s’en convaincre : tous citerons sans hésitations Assassin’s Creed 2 et 4 comme étant l’âge d’or de la saga, là où un Unity n’aura marqué les esprits que pour les errances techniques du lancement. Bien évidemment, mon propos est ici extrapolé et caricaturé pour appuyer mes dires, mais reconnaissons-le toutefois : la saga Assassin’s Creed, autrefois succès majeur de la fin d’année, n’a plus vraiment le vent en poupe une fois la hype de la sortie dépassée.

Sauf que, cette année, je pense que les choses pourraient être différentes. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’Ubisoft a enfin compris que sa formule, datée, ne pouvait plus rendre hommage aux évolutions du jeu vidéo moderne, qui ne s’extasie plus aussi facilement devant un parkour bancal ou un système de combats joli mais creux à en mourir. Plusieurs changements semblent voir le jour, et moi, ça me donne presque envie de revenir sur cette série pour laquelle j’avais, jadis, une certaine sympathie

1.Le nouveau système de combats. 

Je ne m’en cache pas, le système de combats d’Assassin’s Creed est, selon moi, le plus gros défaut de la saga. En 2007, le côté passif pouvait fonctionner, parce qu’on était alors ébahis par la beauté de la HD et le côté cinématographique de la chose. Mais en 2017, avoir encore un système de combats monotouche où il suffit d’appuyer sur un bouton au bon moment pour occire tous les ennemis dans une cinématique mal insérée, ça ne fonctionne plus vraiment. Ce système de combats est pour moi un constat d’échec, puisqu’il consiste globalement à laisser de côté toutes les features proposées, bancales et lourdes, pour se concentrer uniquement sur le système de contres, plus simple et agréable.

Dans Origins, il y aura véritablement un système de combats complexe, presque semblable à un action-rpg, où il ne s’agira plus de contrer au bon moment pour esquiver la lourdeur des autres actions. Plus mobile et fluide, le nouveau fonctionnement impliquera des roulades, des attaques de différents types, et des ennemis moins passifs. Le trailer de l’E3 m’a d’ailleurs beaucoup rappelé la saga des Souls, même si je conspue les comparaisons putassières avec cette série (non, Cuphead n’est pas un Souls en 2D, c’est juste un autre style de jeu, arrêtons ces comparaisons à deux balles … hum hum excusez cette saute d’humeur). En bref, les combats pourraient enfin se révéler plaisants à jouer, et l’air de rien, c’est quelque chose pour cette saga !

2.Le système de loot.

Ce point va radicalement transformer la série, et c’est bel et bien mon propos ici. Je reste cependant plus contrasté sur le résultat final. Proposer un système de loot, qui rend l’expérience plus comparable à un RPG, je pense que cela peut faire sens dans un jeu si ouvert, notamment parce que cela ouvre un lien entre le joueur et l’open-world. Récemment, The Evil Within 2 l’a bien compris par exemple. Cependant, dans le cas d’Assassin’s Creed, un point noir pourrait entacher l’expérience.

En effet, il ne faut pas oublier que, malgré tous ces changements, nous jouons toujours un Assassin. Ainsi, à l’instar d’un Hitman ou d’un Dishonored, il me semble logique qu’une cible aveugle à notre présence puisse être défaite d’un seul coup de lame bien furtivement placé. Mais que se passera-t-il si notre cible est niveau 17 et que notre stuff est un peu faiblard ? Sommes-nous condamnés à nous faire repérer si notre équipement ne peut rendre hommage à notre furtivité ?

Ce nouveau système va en tout cas favoriser une exploration pertinente des lieux, qui ne sera plus forcée que par des « collectables » à deux balles (on se souvient tous des plumes d’Assassin’s Creed 2). Néanmoins, je compte sur Ubisoft pour fluidifier le système au maximum, notamment afin d’éviter des incohérences et sacs à PV à la The Division. Ce genre de système est souvent casse-gueule, espérons que leur expérience récente dans de tels systèmes de jeu portera ses fruits.

3. Le mode explorateur.

Beaucoup n’y verront qu’un artifice dénué du moindre intérêt ludique. De mon côté, c’est peut-être l’argument d’achat le plus important. En effet, depuis toujours, la saga brille par la recherche historique qu’elle nécessite dans la création de chaque opus. Véritables mines d’informations, les Assassin’s Creed baignent dans l’amour de l’histoire et de la reconstitution historique fidèle. Cette fois-ci, les développeurs vont encore plus loin puisqu’un mode de jeu entier permettra d’explorer le monde avec des informations historiques glanées durant le processus de développement. C’est ainsi un véritable musée interactif sur l’Egypte antique qui sera greffé au jeu, et qui pourrait offrir une véritable plus-value plus les intéressés. Moi, je signe !

En résumé, ce Assassin’s Creed pourrait bien être l’épisode de la réconciliation tant attendu, bien que la nouvelle formule prend également des risques importants. Le sort sera quoi qu’il en soit fixé le 27 Octobre, date à laquelle nous saurons si la saga peut réellement transformer ses travers et proposer une nouvelle expérience de jeu, davantage dans l’ère du temps.

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