[A la loupe] Sony et le dilemme Playstation 5

Le printemps pointe le bout de son nez. Les oiseaux chantent. Les geeks sont en sueur, pas seulement à cause des premiers rayons de soleil, mais parce que lentement, le mois d’avril nous emmène vers l’E3 2018 : le plus grand salon du jeu vidéo.

En même temps que l’arrivée des jonquilles et des premières pousses, une idée germe dans ma tête : Sony va-t-il annoncer sa prochaine Playstation au mois de juin ? Voici ce que j’en pense…


Assisterons-nous à une annonce de la Playstation 5 lors de cet E3 ? Sincèrement… j’en doute.

Je m’explique :

Premièrement il n’y a pas encore 5 ans que la PS4 est sortie. D’habitude, les constructeurs comme Sony et Microsoft attendent entre 6 et 7 ans pour annoncer un nouveau cycle de consoles. La PS3 était sortie en 2006, la PS4 en novembre 2013. Un rapide calcul nous indique donc qu’il resterait, théoriquement, 2 ans avant la sortie d’une nouvelle Playstation.

De plus, les acquéreurs de la PS4 Pro sortie en novembre 2016 verraient certainement d’un mauvais œil le fait d’avoir dépensé 400€ dans la console la plus puissante de la marque pour apprendre que celle-ci, deux ans plus tard, sera mise de côté.

Deuxième argument, des jeux comme Days Gone ou The Last of Us 2 sont prévus pour sortir sur cette génération, c’est à dire sur PS4 d’ici 2019, 2020. Terminer une génération de console en proposant une exclu n’est pas inimaginable, mais ce serait quand même un choix marketing plutôt étrange que de promouvoir une ancienne console via de nouveaux jeux plutôt que la nouvelle.

Enfin, aucune fuite n’a encore eu lieu. Cela paraît idiot dit comme ça, mais avant chaque sortie ou annonce d’un nouveau matériel (casque virtuel ou console) on a droit à des semaines de rumeurs et de bruits de couloir, voire des photos de brevets ou de sois-disant schémas de nouvelles manettes.

Sony devrait-il sortir une nouvelle Playstation d’ici peu ? Oui… et non.

Actuellement, Sony surf sur une très bonne vague grâce à sa PS4. En effet, la console n’a jamais été vendu à perte (contrairement à la PS3), s’est vendue à près de 70 millions d’exemplaires et continue de se vendre. Autant dire que Sony à trouvé sa poule aux œufs d’or. Pourquoi prendre des risques précipitamment alors que tout marche comme sur des roulettes en terme de vente ? 

Et bien, pour plusieurs raisons.

La concurrence  :

La PS4 a un nouveau concurrent : Nintendo. Longtemps mis de coté à cause de l’échec de la Wii U, Nintendo entame désormais une remontée vers les sommets grâce à sa Nintendo Switch qui a su conquérir presque 10 millions de joueurs en à peine plus d’un an de commercialisation. Certains diront toutefois que les deux constructeurs ne jouent pas dans la même cour et que la Switch ne peut être considérée comme seule console au sein d’un foyer (argument intéressant à traiter mais hors sujet pour le moment).

Le succès de la Switch est indéniablement lié à son aspect portable qui a su séduire un public de joueurs tourné de plus en plus vers le jeu nomade. Un changement de format s’éloignant d’une console plus classique, tout en délivrant une bonne dose de puissance, serait peut-être une piste à explorer pour Sony si la firme voulait encore ratisser plus large.

La puissance :

Sony ne dispose plus de la console la plus puissante du marché. En effet, avec sa PS4 Pro, l’entreprise japonaise avait largement mis en avant le fait que sa console pouvait faire fonctionner des jeux en 4K native (l’argument est vite tombé à l’eau lorsqu’il a été démontré que la PS4 Pro proposait principalement du jeu en upscale 4K et non pas en 4K native) et donc s’attirer la sympathie des amateurs de nouvelles technologies, mais ça, c’était avant le Projet Scorpio de Microsoft.

En novembre 2017, Microsoft et sa Xbox One X ont détrôné la Playstation 4 Pro en terme de puissance, en proposant une machine 40% plus puissante : 12 Go de GDDR5, 6Teraflops de puissance, un GPU (carte graphique) équivalant à une RX 580 etc.

En plus de perdre la première place du podium, Sony s’est presque tiré une balle dans le pied en sortant son casque de réalité virtuelle, le PS VR. Bien que proposé à un prix nettement plus bas (299€) que ceux pratiqués par la concurrence sur PC (450€ pour l’Oculus Rift), la PS4 ne parvient pas à délivrer assez de puissance pour faire tourner convenablement le casque (le petit boitier fourni à l’achat du casque n’est autre qu’une sorte de mini Playstation chargée d’apporter une plus grande puissance de calcul à la console). A terme, même la PS4 Pro risque de vite montrer ses limites lorsque de plus grosses productions VR apparaîtront.

Les consommateurs :

Les consommateurs seraient-ils prêts à de nouveau investir dans une console ? Si Phil Spencer, boss de la division Xbox, avait annoncé que le marché des consoles de jeu vidéo pouvait s’inspirer du marché des smartphones, par certain que les joueurs soient du même avis, même si les faits vont dans le sens de Phil : indéniablement, tous les ans on assiste au spectacle de nombreuses personnes se jetant sur le dernier iPhone ou Samsung, dépensant ainsi presque 1000€ tous les ans pour un téléphone.

Le profit :

Comme évoqué précédemment, Sony devrait profiter des bonnes ventes de sa Playstation et continuer à l’alimenter en jeu. Rien ne sert de se presser alors que les développeurs de jeux semblent encore avoir un tas d’idées en tête pour la génération actuelle.

Vous comprenez le dilemme ? D’un côté il faudrait répondre à la concurrence en proposant un produit puissant… mais sortir une toute nouvelle console maintenant serait certainement trop tôt et se révèlerait être une prise de risque (trop?) élevée.

A quoi peut-on s’attendre comme console(s) ?

Que ce soit pour la PS5 ou la prochaine Xbox, les constructeurs ne devraient pas nécessairement tenir compte des demandes d’aujourd’hui des joueurs, mais plutôt essayer de se projeter quelques années en avant.


De nombreux éléments doivent entrer en ligne de mire chez les constructeurs en ce moment même : 

Le cloud gamin : le dématérialisé et les services de streaming occupent de plus en plus l’espace vidéoludique : Xbox Game Pass, PS Now, explosion des ventes de jeux dématérialisés etc. Les prochaines consoles seront-elles dématérialisées ? Achèterons-nous uniquement une manette et un code d’accès à un serveur à l’autre bout du monde ?

La résolution : de plus en plus, le « 60 fps 4K » semble être le standard à atteindre en terme de fluidité et de résolution. Autant dire que si la prochaine génération n’est pas capable d’afficher, de base, pareilles statistiques, la vindicte populaire risque de faire mal.

Le cross-play : jouer avec les joueurs qui sont sur l’autre console sera-t-il bientôt possible ? En théorie, ça l’est. Dans la pratique, Sony devrait peut-être penser à assouplir sa politique de restriction.

Le stockage : si les consoles restent ce qu’elles sont, c’est à dire, une boite avec un bouton on/off, un lecteur de disque et un disque dur, il serait bon que ce dernier puisse accueillir sans que l’on s’encombre d’un disque dur externe, une vingtaine de jeux en même temps.

Bref, seul le temps nous apportera les questions à nos réponses. On se doute bien qu’une entreprise comme Sony n’agit pas sans réfléchir et que chaque décision sera mûrement réfléchie. Sans réelles informations on ne peut faire que spéculer sur l’avenir de la console nippone.

Au moins, maintenant, sachez que lorsque vous lirez un article « putaclic » vous annonçant que la « PS5 sort demain », vous saurez surtout que cet article été créé pour générer de l’argent grâce à votre visite ! 😉

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